De retour du Kosovo

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Zoran, Belgrade, 15 septembre 1999

Je suis de retour du Kosovo (et de Metohija). Je vais me dépêcher de partager mes observations de première main après une tournée de deux semaines. Je n'étais pas seulement un observateur indépendant de la monstrueuse création qu'est devenu aujourd'hui le Kosovo. Plus important, j'avais la liberté de circuler et d'avoir accès aux sources de renseignements des tyrans de diverses d'organisations gouvernementales internationales (IGO) et d'organisations non gouvernementales (NGO) (c'est exact, je les désigne sous le nom de "tyrans") et des occupants de l'OTAN (KFOR).

Je bénéficiais de cette liberté et de cet accès à l'information du fait d'être étroitement associé à un certain service diplomatique.

Ce n'était pas aussi dangereux pour un Serbe que je m'y attendais. Dans le même temps, les capacités et les motivations de fous incontrôlables pour créer des problèmes ne devraient jamais être sous-estimés.

Maintenant, je peux dire que j'ai vu plus que ce que je voulais et Dieu merci ; cela m'autorise à témoigner de manière crédible de plusieurs illégalités graves, de crimes monstrueux contre la justice et l'humanité, et la torsion à 180 degrés de la vérité contre la population ancienne du Kosovo, les Serbes et autres non-Albanais.

Mais pour le moment, je me concentrerai exclusivement sur mes observations de première main faites durant les deux dernières semaines.

MONTENEGRO

Je suis parti le 2 septembre. Je me suis rendu en premier à Podgorica, capitale du Monténégro, co-république de la Serbie dans l'actuelle Yougoslavie… Je suis passé par la résidence du Président du Monténégro, Milo Djukanovic dans le quartier d'élite de Gorica C (équivalent du Dedinje de Belgrade) où Milo et ses associés du marché noir vivent dans de luxueux palaces récemment construits, protégés par des brigades d'hommes de la police spéciale avec des chiens.

Il semble bien qu'il n'ait pas la conscience tranquille s'il doit s'appuyer autant sur le soutien de la police et de plus sur la mafia ! Le Monténégro est un paradis pour les drogues, le trafic d'armes, le marché noir et il y bouillonne tout un tas d'activités liées à la mafia. A travers tout le Monténégro, Milo et VJ Spetznaz (ou Forces Spéciales, crème de l'armée yougoslave) mettent manifestement en scène des manœuvres militaires, chacun jouant avec les nerfs de l'autre. Je donnerai clairement l'avantage aux Forces Spéciales.

Un informateur m'a confié que Milo est approvisionné par des membres du gouvernement italien et de la mafia, en particulier en armes hautement sophistiquées d'origine américaine. La plupart passent par le port de Bar au sud.

Les dernières livraisons comportent des missiles Patriot et quelques autres jouets de haute technologie. C'est une livraison gratuite d'armes de défense aérienne de la part des Etats-Unis, ouvertement censées être utilisées contre les Forces Spéciales.

KOSOVO

Entré au Kosovo le 3 septembre par Berane (anciennement Ivangrad). Traversé la ville de Pec. Toutes les maisons serbes de Pec ont été incendiées, comme me l'ont dit les gens, "en présence des autorités (de la KFOR)".

J'ai entendu la même histoire dans chaque ville. A Orahovac (la ville dans laquelle les troupes russes ont été mises sous blocus), les familles serbes ont été parfaitement catégoriques sur la complicité de la KFOR. Elles ont été expulsées de leurs maisons par l'UCK. 104 maisons serbes ont été pillées et incendiées. D'autres familles serbes ont été chassées de 165 appartements dans le centre d'Orahovac, autorisées à prendre seulement les vêtement qu'elles portaient sur elles.

Tout ceci a eu lieu avec la présence importante dans la ville de la KFOR allemande (OTAN). Les Serbes ont demandé la protection des troupes allemandes de la KFOR, mais les forces de maintien de la paix allemandes ont assisté aux destructions d'un air indifférent.

Les Tsiganes dans la ville de Slatina ont corroboré ce scénario. Les Britanniques n'étaient qu'à quelques mètres de là quand les maisons des Tsiganes ont été incendiées. Bien évidemment, ils ont demandé leur protection, mais – vous savez quoi – on leur a répondu: désolés, on ne peut pas aider.

Un prêtre, N.N., qui a fui la ville de Djakovica, a corroboré le scénario. "Djakovica a été la proie des flammes durant les premiers jours" m'a-t-il dit. Il a personnellement enseveli les corps de vieux Serbes massacrés dans les premiers jours, c'est à dire les premiers jours après l'arrivée de la KFOR. Quelques vieillards serbes ont été décapités : les têtes manquaient. Comprenez-vous ? Il y a des fondamentalistes musulmans parmi l'UCK, et ils font les mêmes choses que ce qu'ils faisaient en Afghanistan, les mêmes choses qu'ils ont fait en Bosnie. Les Moudjahidin sanguinaires avaient quelques souvenirs.

La même chose est arrivée à Pec selon le prêtre et d'autres Serbes déplacés avec lesquels j'ai parlé.

Laissez-moi préciser ce point : les maisons serbes de Pec ont commencé à flamber précisément à l'arrivée des troupes de l'OTAN. L'UCK n'aurait pas osé pénétrer et commencé à détruire de son propre chef sans avoir une "escorte" de la KFOR qui lui laisse le champ libre. Nous nous souvenons tous de la manière dont l'OTAN et les troupes de l'UCK ont pénétré ensemble au Kosovo.

La KFOR a laissé l'UCK marcher à côté de ses tanks, les protégeant des attaques des troupes yougoslaves.

Et aujourd'hui, la question n'est pas, comme le proclament l'OTAN et les Nations Unies, de ne pas être capable de contrôler les masses albanaises qui sont poussées à se venger des atrocités serbes, etc. Ces crimes ne sont pas commis par des Albanais ordinaires, ils sont commis par l'UCK et ses partisans.

Les partisans de l'UCK ont commis d'innombrables crimes quand l'armée yougoslave les combattait au Kosovo. Puis, la KFOR a escorté ces terroristes ordinaires et a publiquement statué que rien ne pouvait être fait pour empêcher les attaques contre les Serbes, les Tsiganes, etc. qu'il s'agissait de la nature humaine, que ces gens s'étaient toujours haï les uns les autres, etc. En d'autres termes, ils ont escorté l'UCK, ils leur ont donné le feu vert dans leurs communiqués officiels, … et maintenant, curieusement, les terroristes de l'UCK au pouvoir font la même chose que ce qu'ils faisaient quand ils n'avaient pas le pouvoir. L'OTAN a rendu cela possible.

Mais cela s'explique – comment pourrait-il en être autrement ? L'UCK a été l'infanterie loyale de l'OTAN dès le début – comme nous le savons tous. Les unités de l'UCK ont servi d' "indicateurs" pour les avions de l'OTAN. Et l'UCK a été la "force de l'OTAN sur le terrain", faisant le sale boulot.

Mais revenons au voyage : plus tard, dans les premières heures de la soirée sur la route de Pristina, je me demandais pourquoi des centaines et des centaines de camions et de poids-lourds avec des plaques d'immatriculation albanaises, macédoniennes et allemandes (la plupart avec la mention "humanitaire") se précipitaient dans la direction inverse, quittant le Kosovo pour l'Albanie. Acheminant l'aide humanitaire sous forme d'appareils ménagers pillés, postes de télévision, réfrigérateurs et meubles pour la pauvre Albanie, probablement ?

PRISTINA

Resté deux jours à Pristina, capitale du Kosovo, dans le campus universitaire maintenant gardé par la KFOR.

Pristina n'a plus que quelques 200 Serbes. La plupart d'entre eux dans ce campus et dans les zones adjacentes. C'était les habitations de milliers de membres de l'élite serbe au Kosovo, professeurs d'université, scientifiques, docteurs, ingénieurs, maîtres assistants. La plupart ont du fuir pour sauver leurs vies. Les quelques Serbes restant adoptent un profil vraiment très bas, et sont principalement employés comme gardiens des "résidences internationales".

Dans les premiers jours de l'occupation, la KFOR britannique a délibérément laissé des vingtaines d'Albanais armés (camarades d'armes) entrer dans le campus et les ont aidé. Les Serbes se sont précipités vers la KFOR pour demander de l'aide – mais ont perdu tout espoir après avoir vu des douzaines de membres de l'UCK armés se déplacer librement dans les couloirs du quartier général de la KFOR à Pristina. Même pire, les Serbes affirment que des éléments britanniques ont emmené des Albanais sur le campus et les ont laissé ! Les Albanais ont vidé plusieurs centaines d'appartements des locataires serbes et pris leurs possessions en quelques heures. Tout de suite après que les Serbes aient fait leur bagages et soient partis.

Maintenant, des centaines d'appartenants neufs, joliment meublés, construits suivant les plus hauts standards européens, sont à la disposition exclusive des bureaucrates des Nations Unies, de l'Union Européenne et des ONG, et de leur entourage : secrétaires, employés, maîtresses, chauffeurs, assistants de toutes sortes (les bureaucrates politiquement corrects n'ont pas de domestiques !), adjoints, etc.

Comme cela est commode pour eux.

Les anciens locataires, Serbes et autres personnes incorrectes sont chassés par les Albanais sécessionnistes et dépossédés par les Nations Unies et l'Union Européenne. Quelle charade. L'OTAN est là pour défendre les droits des Albanais et leur culture (théoriquement) mais ils ne veulent pas vivre dans les maisons construites à l'orientale des Albanais. Ils se sentent mieux dans les maisons européennes de ces Serbes dépossédés qu'ils ont contribué à chasser.

Pendant ce temps, à Prisitina, l'UCK a introduit la "police de la langue". Parler le serbe – la langue de l'ennemi – est strictement interdit. Les Albanais doivent dénoncer quiconque le fait et quiconque le fait doit s'attendre à avoir de sérieux problèmes…

ASHKALLI

J'ai été voir quelques Ashkalli, c'est à dire des Tsiganes parlant l'albanais convertis à l'Islam. Les Ashkalli vivent dans un village proche de l'aéroport de Slatina, des centaines d'entre eux regroupés dans une seule maison. Leurs maisons dans les villages voisins ont toutes été pillées et incendiées durant la "nuit de cristal albanaise", c'est à dire juste au moment de l'arrivée de la KFOR. Certains ont été tués sur place, d'autres blessés et terrorisés. Tout cela a eu lieu sous l'œil attentif des Britanniques qu'ils ont supplié de les protéger, sans que cela serve à rien.

Leur sort est un exemple éclairant de la manière dont la haine raciale des Albanais sécessionnistes contrevient même aux principes de base de la foi musulmane, qui enjoint aux croyants d'être solidaires, d'aider et de protéger les autres frères musulmans dans le besoin. Pour les idéologues de l'UCK, les Ashkalli sont vus comme une race inférieure, comme le sont les "occupants" serbes. Le fait qu'ils soient aussi des croyants musulmans importe peu quand ils sont confrontés à la haine nationale et raciale qui motive ces gens.

Ces musulmans Roms ("Tsiganes") ne sont pas des mendiants. Ce sont des fermiers, de durs travailleurs et leurs maisons étaient riches (avant la KFOR). Aujourd'hui, ils sont dépossédés et menacés constamment pour leur vie par leur voisins (musulmans) Albanais, qui les accusent de "collaboration" (c'est à dire qu'ils ont laissé l'armée yougoslave prendre position dans leurs villages pendant les bombardements de l'OTAN. C'est leur seul crime.)

PRIZREN

Parti de la ville de Prizren en direction du sud le 6 septembre.

A 10 h 45 le jour où je suis arrivé, l'église orthodoxe de Prizren était saccagée sous l'œil attentif des troupes allemandes. J'incrimine les Allemands avec de bonnes raisons.

Les Allemands ont imposé un couvre-feu dès leur arrivée, en premier de 10 heures du soir à 5 heures du matin, plus tard de minuit à 5 heures. Ils surveillaient normalement l'église jusqu'à 10 heures du soir, puis la laissaient sans surveillance jusque vers 7 ou 8 heures du matin. Ceci était leur routine, sans changement, chaque nuit. J'ai appris cela lors d'un briefing de sécurité des ONG, des IGO et de la KFOR. Du travail proprement bâclé, vous ne trouvez pas ? Maintenant, avez-vous déjà entendu parler d'un soldat allemand bâclant son travail ?

Les Allemands patrouillaient dans les rues toute la nuit, figurez-vous, mais l'église était vide, nuit après nuit aux mêmes heures exactement, comme une horloge. Que pensez-vous qu'il arriva ? Je pense que cela était conçu pour laisser l'UCK détruire l'église tout en sauvant les Allemands de l'embarras d'une complicité évidente.

De toute manière, l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) et les gens des Nations Unies (UNMIK) se sont tous deux pris à la gorge pour savoir qui devrait faire la loi, et tous deux maudissent la KFOR qui impose sa propre dictature à tout le monde. S'ils étaient tous armés, ils auraient déjà commencé à se tirer dessus.

Des fêtes de remerciement et des festivités pour remercier les soldats de la "Wehrmacht" et des autres satellites de l'axe de l'Union Européenne ont lieu jour et nuit dans presque tous les restaurants de Prizren. Boissons gratuites pour les libérateurs ! Je n'ai jamais vu autant de monde à Prizren auparavant, jamais. De nombreux nouveaux visages, des Albanais d'Albanie.

Parlons de ces nouveaux immigrants : j'ai vécu à Prizren l'année dernière pendant quelques temps. D'après mon estimation, Prizren a doublé la population qu'elle avait avant la guerre. Les rues de la ville sont embouteillées comme jamais auparavant. Les résidents albanais, les ONG et les Serbes, tous le confirment. Les frontières sont perméables, donc, pourquoi ne pas venir – il s'agit d'une bonne opportunité de faire des affaires. Les Albanais ont répondu à mon enquête sur la provenance de tous ces gens en disant : "… beaucoup de gens de la campagne environnante." Je me demande de quelle campagne et de quels environs ils parlent.

Les serbes et les diplomates avec lesquels j'étais à Prizren ont hoché la tête en signe d'accord quand j'ai suggéré que ces Albanais venaient d'Albanie. Ceci est vrai à Pristina mais également dans les villes du sud du Kosovo.

Depuis que la KFOR est arrivée le 12 juin, quelques 34 vieillards serbes ont été tués dans leurs maisons ou abattus dans les rues de Prizren par ceux désignés comme de "mystérieux éléments opposés à la paix" dans les briefings de sécurité faits pour les nouveaux venus.

250 Serbes sont encore bloqués à Prizren, principalement des personnes âgées, certains regroupés dans la résidence de l'archevêque orthodoxe, d'autres dans leurs maisons, interdits d'en sortir, étroitement surveillés par des partisans albanais.

Des Serbes m'ont dit qu'un médecin allemand (nommé Klein) a été brutalement battu par une foule d'Albanais à Prizren et qu'il est mort plus tard des blessures dont il souffrait – pour le crime de collaboration d'avoir fourni aux civils serbes une assistance médicale. Cependant, tous les officiels internationaux ont été pris d'une amnésie collective. Cela se passe comme s'il y avait des instructions pour ne pas permettre que les victimes internationales soient connues du public. Le meurtre de cinq soldats français par des Albanais à Mitrovica a été à peine relayé, n'est-ce pas ?

Des combats au pistolet entre Albanais arrivent aussi régulièrement. Les voitures n'ont pas de plaques d'immatriculation, 90 % sont volées dans les pays européens. Les conducteurs n'ont pas de permis, ou, pour cette raison, ne savent pas conduire. Pas de clignotants. Pas de phares. Stationnement au milieu des rues. Conduite de maniaques. Pas la moindre idée des règles de circulation ou du code de la route. Avez-vous déjà été à Tirana ? C'est maintenant la même chose ici… Les phares servent seulement à décorer. Aller où que ce soit nécessite des négociations avec les autres conducteurs à travers la vitre… Qui va où et qui y va en premier… Peut être que les nouveaux venus d'Albanie ont introduit leur irrégularités de conduite au Kosovo également.

Depuis l'arrivée de la KFOR, plus de 150 personnes sont mortes dans des accidents de voiture dans la seule zone de Pristina. Aucune règle d'aucune sorte n'existe plus dans ce chaos de création américaine, cette anarchie sponsorisée par les Nations Unies.

Des jeeps sans plaques d'immatriculation avec des commandants de l'UCK armés entrent facilement dans les bases de la KFOR. Les officiers de l'UCK se voient délivrer des cartes de la KFOR pour un accès rapide aux commandants de la KFOR et ils portent tous des armes ("pour leur protection personnelle") en leur présence (note de l'auteur : une violation de l'accord de paix…). Une marque de reconnaissance très spéciale et d'affiliation pourraient dire certains…

De toute façon, à Prizren j'ai bel et bien vu des Iraniens proclamer qu'il étaient des humanitaires islamiques. Des gars qui avaient l'air vraiment coriaces. Taillés de manière plus appropriée pour être des "Pasadranis" clandestins (combattants de la révolution iraniens) que pour du travail humanitaire, si vous voulez mon avis.

ORAHOVAC

C'est bien sûr la ville où les troupes russes de la KFOR ont été soumises à un blocus albanais. Théoriquement, les Albanais considèrent les Russes trop pro-serbes. Ceci pourrait être drôle si la situation à Orahovac n'était pas si monstrueuse.

Pendant ce temps, alors que les communiqués des relations publiques de la KFOR "soutiennent" l'effort russe pour entrer dans Orahovac, les contingents allemands et les hollandais de la KFOR ont en fait reçu l'ordre de leurs gouvernements respectifs de ne pas coopérer avec les Russes ou de ne fournir aux Russes aucun soutien. Bien plus, ils désobéissent ouvertement à tout ordre de la KFOR dans les lignes de déploiement russe dans leur aire de responsabilité (AOR).

Surprenant ?

Politiquement, les Nations Unies tentent de parlementer avec les Russes pour qu'ils ne viennent pas dans l'inamicale (albanaise) Orahovac, mais qu'à la place ils prennent position dans plusieurs villages stratégiquement sans enjeu.

Les barrages routiers albanais à l'extérieur d'Orahovac étaient précédemment des barrages fortifiés allemands et hollandais. Je ne peux pas imaginer que les Albanais aient pu en prendre le contrôle sans leur approbation tacite – ou à leur instigation.

Le comité d'organisation des barrages routiers est armé. Les armes lourdes sont laissées dans les centaines de tentes érigées autour des barrages – théoriquement pour les femmes et les enfants. Des hommes musclés en vêtements de sport patrouillent en portant de petites armes à feu sous leurs vestes.

Dans Orahovac même, l'ancien poste de police a été transformé en quartier général de l'UCK. Le commandant local de l'UCK, l'homme qui dirige cette ville, est un criminel de masse nommé Ismet Hara, l'homme le plus responsable au cours de la dernière année des enlèvements et des exécutions brutales de plus de 60 civils serbes d'Orahovac (la plupart des corps sont encore manquents), dont certains – d'après ce qui est raisonnablement cru – qu'il a personnellement exécutés.

Hara est très apprécié des bureaucrates internationaux toujours cordiaux. Ils disent aux serbes locaux : "Oubliez le passé. Maintenant, vous devez faire face au présent et c'est Hara Ismet et l'UCK." Ils ne laissent planer aucun doute.

Le gouvernement UCK de facto est pleinement apprécié et reconnu par les bureaucrates des Nations Unies, jusqu'au plus petit détail. Ils tentent de faire de Hara à la fois une figure politique et le nouveau chef de la police. Et pourquoi pas ? Il possède pratiquement le poste de police.

En tous les cas, dans les premiers temps de l'occupation KFOR/UCK, les troupes allemandes et hollandaises ont donné aux serbes locaux 24 heures pour remettre leurs armes. (Notez que l'on a donné 3 mois à l'UCK et que cela n'est toujours pas fait… Le général de l'OTAN Michael Jackson a en fait dit que l'échec de l'UCK à rendre les armes montre à quel point ils prennent cet effort au sérieux pour collecter les armes. Tout doit être fait correctement et bien sûr, un tel soin prend du temps…)

Les Serbes, naïfs, se sont exécutés. Ils ont remis tout ce qu'ils avaient. Puis, quelques semaines plus tard, les troupes allemandes et hollandaises sont entrées dans le quartier serbe pendant toute une journée, tirant quelques tirs préventifs au dessus des têtes des Serbes qui s'étaient rassemblés près d'une église et ont chassé les gens de leurs maisons. Des témoins serbes disent qu'ils ont fait preuve d'une brutalité qui n'était pas nécessaire, tirant les gens par les cheveux et les sortant de force tout en les frappant à coups de pied…

D'ailleurs, les Serbes disent qu'ils ont reconnu plusieurs Albanais locaux dans les rangs de la KFOR allemande… Probablement des membres de l'UCK recrutés en Albanie… La KFOR le nie… J'ai personnellement vu des commandants de l'UCK avec leur escorte – tous armés – entrer dans les bases de la KFOR avec des cartes d'identification de la KFOR et sans être jamais retardés.

Les troupes allemandes et hollandaises ont arrêté le maire serbe d'Orahovac et trois autres Serbes, les accusant de "crimes de guerre". Il n'y a aucune preuve crédible pour soutenir ces accusations, cependant du côté albanais, on a diffusé des rumeurs selon lesquelles des documents découverts dans la cave d'une maison impliqueraient le maire, etc.

De sources internationales fiables, j'ai appris que ces arrestations sont une tentative pour faire de ces gens des "témoins importants" dans un procès truqué contre des Serbes pour crimes de guerre, et non à cause de preuves réelles.

On m'a dit qu'ils sont toujours retenus dans la base allemande à Prizren dans des conditions de strict isolement et de pression extrême. Manifestement, ceci est une tentative pour les faire craquer afin de les utiliser pour fournir des preuves à la propagande de mystification de l'OTAN et des Albanais sur les "atrocités" massives serbes au Kosovo. Autant pour la légalité occidentale.

Les détenus ont un besoin sérieux d'assistance légale et médicale.

A Orahovac, il y a 1 500 Serbes, à Velika Hoca à côté, 1 100 sont restés, une fraction des Serbes qui étaient là avant l'occupation de sécurité de la KFOR. Ils sont, avec quelques centaines de Serbes à Gorazdevac près de Pec, les derniers Serbes restant dans la province du secteur de Metohija. Ils sont littéralement pris en otage par tous, la KFOR, les Nations Unies et l'UCK.

A Orahovac, les serbes vivent isolés, dans un ghetto d'un diamètre de 300 m autour de l'église orthodoxe. Ils ne sont pas autorisés à se déplacer à plus de 300 m du lieu où ils résident.

Le prêtre local m'a bouleversé avec un autre problème. Les serbes d'Orahovac ne peuvent pas enterrer leurs morts. Le quartier serbe d'Orahovac est dans le cœur ancien de la ville, construit sur un pignon rocheux dans la partie nord surplombant l'ensemble de la zone. Le cimetière est à l'extérieur de la ville. Le terrain où vivent les Serbes est tout à fait impropre à l'ensevelissement. .. le dernier corps, ils ont du l'ensevelir dans la crypte médiévale empierrée du cimetière orthodoxe. Maintenant, il ne reste plus aucune pièce pour les enterrements. Pendant ce temps, le siège des Serbes se poursuit de tous les côtés par les ennemis de cette guerre non déclarée, l'UCK, la KFOR, l'UNHCR.

Dans les premiers jours après l'arrivée de la KFOR, cinq Serbes d'Orahovac ont été tués dans les rues par l'UCK et dix ont été enlevés dans les rues sous l'œil attentif des troupes allemandes. Les Serbes ne sont pas même autorisés à se rendre au marché ou à l'épicerie qui se trouve seulement à 50 m de là. La considérable population Tsigane albanaise qui vit à l'intérieur de ce monstrueux nouveau ghetto avec les Serbes, souffre de la même manière.

Par ailleurs, les Albanais refusent de leur vendre toute nourriture et restreint l'accès aux convois alimentaires de la Croix Rouge Yougoslave. Une maigre aide internationale est venue une fois en trois semaines en quantités symboliques. Il est vrai que l'UNHCR (le Haut Comité aux Réfugiés des Nations Unies) évacue quelques Serbes, mais uniquement ceux qui sont gravement malades, de manière à ce que personne ne puisse l'accuser d'homicide involontaire (pas encore).

Les Albanais prétendent qu'ils maintiennent les Serbes sous blocus pour empêcher le départ de criminels de guerre. La KFOR et l'UNHCR sont vraiment très partisans d'une telle explication. Ils prennent les proclamations des Albanais pour argent comptant. Cela accrédite bien l'idée et est politiquement opportun. Pour cette raison, ils bloquent l'évacuation que presque tous les Serbes demandent. L'UNHCR empêche tout Serbe qui demande son évacuation du ghetto avec l'UCK et la KFOR par des poursuites pour "crimes de guerre".

Comme pour la plupart des Serbes, ils doivent encore subir un traitement spécial jusqu'à la limite de l'extinction. La stratégie est celle là : premièrement, ils isolent les Serbes, ensuite ils les épuisent, puis ils les chassent à coup de pieds – après avoir arraché ceux que les Albanais accusent d'être des "criminels de guerre". Dans ce but, ils proposent toutes sortes de justifications pour garder jusqu'au dernier civil serbe restant dans ce monstrueux nouveau ghetto.

GORANI

Dans la zone de Gora, au sud de Prizen, où vivent les gens de Gorani, la brigade turque est responsable de la sécurité. Un major turc m'a informé de la découverte d'une "fosse commune". Cette "fosse commune" contient six corps. Il s'agit bien évidemment d'une tragédie – mais par une chasse aux sorcières sans précédent, tout le monde désigne les Serbes du doigt quand en fait, tout ce que l'on sait c'est que les personnes mortes dans la tombe sont mortes et que la partie responsable sont "les tueurs". En d'autres termes, tout le monde pourrait avoir commis ces meurtres.

Les enquêtes dans les Balkans sont bâclées mais économiques. Les tueurs sont identifiés avant l'expertise médico-légale.

Il est vrai qu'il y a de nombreuses tombes fraîchement creusées le long des routes. Mais est-ce que qui que ce soit serait surpris d'entendre que la plupart ont des drapeaux albanais et des couronnes de fleurs, indiquant que ce sont des combattants de l'UCK ?

Un responsable des Nations Unies, Sven Fredericsson (un Danois) était là juste avant moi pour enquêter sur une histoire (albanaise) de fosse commune avec 500 corps. Tout ce qu'ils ont exhumé, c'était les squelettes de quinze vaches ! Le major turc pense qu'il s'agit d'une ruse serbe pour tromper la communauté internationale. Il est persuadé que les Serbes démoniaques ont enterré les 500 corps manquants sous les vaches. (Ils l'ont fait en Bosnie, affirme ce gentleman érudit.). Les Serbes sont certainement rusés. Et après tout, ils ont déjà tué un sultan turc une fois, n'est-ce pas ? (Sans parler d'un certain archiduc autrichien…)

Et, ajoute-t-il fièrement, les Turcs ont circoncis plus de 200 enfants musulmans depuis leur arrivée, ce qui contribue grandement à l'aide humanitaire.

Les Gorani sont des Serbes qui se sont convertis à l'Islam pendant la période turque. Cependant, ces gens ne renient pas leur racines serbes. En fait, ils parlent mieux serbe que la plupart des Serbes à Belgrade. D'un autre côté, ils ne renient pas leur foi musulmane non plus. Ce sont des gens honnêtes, respectueux et qui gagnent aisément le respect (excepté dans leurs relations avec les Albanais comme vous le verrez plus tard). Ce sont des gens véridiques des montagnes !

Ils ont vécu sur le mont Shara pendant des siècles et ce sont des témoins avec une longue mémoire embarrassante. Les Gorani savent que les Albanais du Kosovo se sont installés du Kosovo en venant d'Albanie. Ils ont défendu leurs terres de ces gens pendant des siècles.

Aujourd'hui, ils ont des problèmes avec des gangs armés qui traversent leur territoire à partir de l'Albanie à nouveau. La KFOR maintient intentionnellement la frontière officielle avec la Macédoine fermée aux Gorani pour des raisons politiques. Je suspecte qu'ils veulent que les Gorani tombent sous l'influence des autorités de l'UCK qui ont pris le pouvoir à Dragas, habité majoritairement par des Gorani. Ceci est une affaire sérieuse pour eux parce que la plupart des villages Gorani sont plus grands que la ville de Dragas – maintenant le siège des gangsters locaux de l'UCK – et les Gorani ont toujours été plus tournés vers la Macédoine en terme de commerce, faisant des réserves pour les hivers rigoureux des montagnes où ils vivent.

Les Gorani sont d'habiles charpentiers, des fermiers et dans leur majorité des bergers. Je tire mon chapeau à ces gens honnêtes, durs travailleurs, de Gora.

DE RETOUR A PRIZREN

Ce qui est très intéressant, c'est que j'ai rencontré à Prizren un major suédois qui avait supervisé l'excavation du site de la soi-disant "fosse commune" de Sebrenica en Bosnie. Il était très fier de cette réussite. Après que j'ai insisté pour entendre combien de corps avaient été retrouvés , il se révéla que l'ICTY (Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, c'est à dire la Sainte inquisition de la Haye contre les Serbes – voir les références à la fin de l'article) a découvert au total 155 corps – et ce pour l'ensemble de la zone de Sebrenica. Impressionnant ! Qu'est il donc arrivé aux 8 000 "maris et fils" dont l'Occident affirmait que les Serbes de Bosnie les avaient massacrés ? Pourquoi les Nations Unies n'ont-elles fourni aucune preuve en quatre ans ? Est-ce que ces personnes ont été également enterrées sous des vaches ?

Nous pourront le découvrir lorsque le dossier des Nations Unies sur Sebrenica sera enfin déclassifié dans cinquante ans. N'est-ce pas généralement les gens qui ont des choses à cacher qui classent la vérité "top secret" ?

Tirez vos propres conclusions du fait que les Nations Unies ressentent la nécessité de cacher ces dossiers pendant un demi siècle…

Je n'en crois pas mes yeux : les Albanais que je vois dans les rues de Prizren ont décidément des visages nouveaux. Je n'ai jamais vu autant de gens à Prizren auparavant.

Le trafic est embouteillé la plus grand partie de la journée. Ces gens paraissent tous en bonne santé, bien nourris et les joues bien rouges. On me dit que les organisations humanitaires doivent demander aux Albanais d'accepter la farine, le sucre et le reste de la nourriture de leurs stocks, qu'ils doivent vider en prévision de nouveaux arrivages. Les Albanais refusent de prendre cette nourriture, exprimant leur profonde indignation. Principalement, ils refusent la farine.

En effet, une des organisation de secours les plus importantes à Prizren est à la veille de brûler 100 tonnes de farine, politesse de l'aide américaine.

En premier, les Albanais affirmaient que la farine était piégée, et maintenant ils affirment qu'elle est avariée ou empoisonnée par les Serbes. La vérité, c'est qu'ils ont peur qu'elle ait été touchée – et donc infectée – par des mains serbes.

Ce sont les serbes qui meurent de faim au Kosovo. Quand j'ai demandé au responsable de l'entrepôt pourquoi ils ne distribuaient pas cette farine refusée aux Serbes affamés – isolés dans leur ghetto par les Albanais – il a juste haussé les épaules et m'a regardé fixement sans rien dire. Il n'y a pas de réponse facile aux demandes politiquement incorrectes.

Un ami qui travaille très étroitement avec les réfugiés du Kosovo en Serbie me dit que les centres de réfugiés en Serbie sont débordés par les Albanais qui quittent la province. L'UCK a manifestement retourné son règne de terreur contre les Albanais qu'ils ne voient pas comme suffisamment coopératifs, maintenant qu'ils ont chassé les Serbes.

La clé d'une présence serbe au Kosovo est au nord de Mitrovica où une majorité des Serbes restés au Kosovo vivent maintenant – séparés des Albanais "libérés" par une rivière, le pont qui la surplombe et les troupes françaises de la KFOR.